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Reggae et Roots Reggae. 1968 – 1985.

Le règne de rocksteady, quoique très prolifique, est de courte durée (1966 à 1968). Vers 1968 une autre manière de danser appelé reggae apparaisse sur la scène, rendu célèbre par la chanson "Do The Reggay" (sic) de Toots & The Maytals. Quoique fortement influencé par le rocksteady, ce morceau contient les bases de futur reggae. La ligne de la guitare basse devient encore plus prononcée et chaloupée. Cette dislocation donne plus de liberté au batteur qui fournit des rythmiques plus syncopées, des fills de plus en plus allongés et des accentuations à la cymbale crash. Comme avec chaque changement de style dans la musique jamaïcaine, le tempo ralentit toujours un peu (± 60/80 bpm).

C'est à cette époque que le reggae naissant commence à s'éclore. La collaboration entre The Wailers, la section rythmique des frères Aston "Familyman" Barrett (basse) et Carlton "Carly" Barrett (batterie) et le producteur Lee"Scratch" Perry est très fructueuse. Ils produisent parmi les premiers "vrais" morceaux reggae. Mais les choses se gâtent vite car Perry en tant que producteur vend les enregistrements à un label Anglais sans en informer The Wailers. Fâchés, The Wailers lui claquent la porte au nez, et commencent à chercher d'autres deals de production ailleurs.
 
Les années 1970 sont un age d'or pour le reggae, mené par son ambassadeur international, Bob Marley. Cette période est encore plus riche en productions, créativité et surtout, des tubes. Le reggae est vendeur à tel point qu'il devient la première musique du "tiers monde". Le reggae fait exploser la Jamaïque sur la scène musicale internationale. Déjà présent en Angleterre depuis le début des années 1960, la musique Jamaïcaine commence à devenir populaire aux USA. Les années 1970 marquent le premier vrai album reggae, "Catch A Fire" de Bob Marley pour le label Island sous la houlette du producteur Chris Blackwell. L'album bénéfice des moyens de promotion inouï pour la musique Jamaïcaine, Blackwell allant jusqu'à renommer "The Wailers" en "Bob Marley & The Wailers" pour élargir son acceptante auprès d'un publique blanc, plus habitué à écouter du rock.

Dans les années 1970, dix ans après l'indépendance la Jamaïque croule sous la violence et le crime. La situation politique est figée et les politiciens ne trouvent pas d'issue pour régler le problème de l'emploi. En amont des élections de 1972, les socialistes du PNP posent une concurrence sérieuse aux conservateurs du JLP. La Jamaïque connaît alors une vague de violence et de terreur inouï. Des gangs armés des supporteurs rivaux s'affrontent dans les rues. Le CIA est soupçonné de livrer des armes aux partisans du JLP. En 1972 le PNP gagne les élections. Malheureusement la politique de démocratie socialiste du PNP est responsable d'une fuite énorme de capital étranger et l'inflation dépasse le 50%.

Les seuls soulagements pour les masses pauvres sont la musique et la rastafarianisme avec sa doctrine de paix, amour universel, entre aide et anti corruption. Le rastafarianisme influence le reggae en profondeur qui devient "roots". De plus en plus de musiciens embrassent la religion et portent des "dreadlocks". L'ambiance change, la basse est de plus en plus profonde, le tempo de plus en plus lent (± 60 bpm) et les paroles annoncent les feux de l'enfer. Le roots reggae devient "dread"

En 1975 il y a une imposition d'embargo sur l'approvisionnement en pétrole de l'île. Pour empirer encore plus la situation d'instabilité, l'économie mondiale est en dépression. Cette situation très tendue précède les élections de 1976. La crise finit presque en guerre civile, et le chaos règne. Les partisans du JLP font tout pour rendre la situation politique intenable. Des gangs armés s'entretuant dans les bidons villes de Kingston. Malgré cette situation extrême, le PNP remporte les élections une deuxième fois. Le CIA et le gouvernement Américaine n'apprécie pas la politique socialiste de Michael Manley et le PNP, surtout lorsque Manley noue relations étroites avec le Cuba socialiste de Fidel Castro, leur arche ennemi. Les investisseurs étrangers quittent le pays en masse, et l'économie et surtout le tourisme, se trouvent au plus mal. Le pays est presque en état de siège. 700 personnes sont tuées en amont des élections de 1980, qui est gagné par Edward Seaga et le JLP. L'économie et les relations internationales sont restaurées sous son régime.

Michael Manley, Bob Marley & Edward Seaga 

Michael Manley, Bob Marley & Edward Seaga.
One Peace Concert Kingston. 22 avril 1978.